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L'impact des menstruations sur la santé, l'écologie et l'économie avec des sources fiables.

Du concret, des chiffres et des sources : pour se donner une idée générale de ce que représentent les menstruations dans la vie d'une personnes réglée.

I. Généralités

II. Économie : Le coût financier des protections menstruelles

III. Impact sur la santé

IV. Conséquences écologiques

V. Conclusion

VI. Sources

I. Généralités

Évidement il y a beaucoup de variables qui peuvent différer selon le vécu de chaque personne : les grossesses, la maladie, les fausses-couches, l'âge de la ménopause et le début des règles... Mais ça donne une bonne idée générale.

  • Quelle base de calcul ?

13 cycles par an de 21 à 28 jours chacun, durant 4 ou 5 jours de règles, entre 13 et 53 ans. Soit 40 ans en moyenne, à raison de 6 à 8 changes par jour.

  • Combien de cycles sur une vie ?

Nous avons nos règles 520 fois à peu près, sur une période de 40 ans.

13 cycles x 40 ans = 520 cycles sur une vie

  • Quelle est la durée totale des menstruations dans une vie ?

Les protections hygiéniques sont en contact continu avec notre intimité entre 5 et 7 ans de notre vie!

(nb cycles x nb de jours de règles par cycle) / 365 = nb année de regles (520 cycles x 4 jours de règles) / 365 jours = 2080 / 365 = 5,70 années. Soit 5 ans 2 mois et 9 jours (520 cycles x 5 jours de règles) / 365 jours = 2600 / 365 = 7,12 années. Soit 7 ans et 12 jours

  • Combien de protections jetables cela représente ?

Le volume de déchets est monstrueux : entre 12480 et 20800 protections jetées plus leurs emballages.

nb changes x nb jours de règles = nb protection utilisées Estimation pour 6 changes/jour avec un cycle de 4 jours : 6 x 2080 = 12480 Estimation pour 8 changes/jour avec un cycle de 5 jours : 8 x 2600 = 20800

Qu'est-ce que tout cela représente d'un point de vue financier ?

II. Économie : Le coût financier des protections menstruelles

  • Coût financier par mois

Selon le journal Le Monde, en date du 02/07/2019, "Combien les règles coûtent-elles dans la vie d’une femme ?", « Même avec une estimation basse de ces dépenses supplémentaires (antidouleurs, sous-vêtements de rechange), le coût avoisinerait 100 à 150 euros par an »

Beaucoup de femmes doivent dépenser plus, si elles sont atteintes d'endométriose, de fuites urinaires, pour les aides supplémentaires à soulager la douleur comme les médicaments et aides techniques type bouillotte, système Livia etc, qui pèsent dans le budget... On peut aisément accepter une fourchette de dépense comprise entre 11.54€ et 20€ par mois.

  • Coût financier par an

La dépense varie de 150 € à 260 € par an

cout mensuel x 13 = coût annuel
11,54 x 13 = 150,02
20 x 13 = 260

  • Coût financier à vie

Sur toute une vie la dépense est équivalente à une petite voiture : entre 6000 € et 10 400€

coût mensuel x nb cycles d'une vie = dépenses sur une vie
11,54 x 520 = 6 000,8
20 x 520 = 10 400

C'est une somme conséquente imposée aux personnes concernées, car elles n'ont pas fait le choix d'avoir leur règles. Bien que cela concerne 50% de la population, le sujet est tabou, en parler suscite des réactions inappropriées tel que l'indignation, la honte.
Une double peine pour ceux et celles qui ne peuvent pas se payer le luxe d'avoir une hygiène décente.

  • La précarité menstruelle

La précarité menstruelle est une réalité qui touche les personnes SDF mais aussi toutes les personnes réglées vivant sous le seuil de pauvreté: les étudiant(e)s, les familles mono parentales, et les gens dont la source de revenu est souvent inférieure à 500€ par mois qui doivent assumer des charges pour se loger, manger, se déplacer.

Le journal Slate, titre en date du 25 mars 2019 "Il a fallu que je choisisse: j’achète des protections hygiéniques ou je mange ? "

« […] Selon un sondage Ifop pour Dons solidaires publié le 19 mars, 1,7 million de femmes manquent en France de protections hygiéniques. Selon ce même sondage, 39% des femmes les plus précaires ne disposent pas de suffisamment de protections hygiéniques. Plus d'une femme sur trois ne change pas suffisamment de protection ou a recours à des protections de fortune. Ces chiffres concernent également les jeunes filles. Parmi les bénéficiaires des associations, 17% des femmes ont manqué le travail ou un rendez-vous parce qu'elles n'avaient pas de protection. 12% des jeunes filles ne sont pas allées en cours.[...] »

Ne plus devoir acheter tous les mois des protections hygiéniques, de sous-vêtements neufs, c'est réduire la facture pour plus de pouvoir d'achat, un accès à la dignité et le respect de la santé qui n'est aujourd'hui toujours pas permise sans accès à l'hygiène pour tous.

III. Impact sur la santé

  • Composition des protections hygiéniques jetables

Actuellement, légalement les fabricants de protections hygiéniques jetables n'ont pas l'obligation de communiquer sur la composition de leurs produits. Cependant des produits toxiques sont utilisés pour leur fabrication. (voir l'extrait du rapport de l'ANSES relatif à la sécurité des produits de protections intimes en fin de document).

Des pesticides (dont certains interdits en Europe), herbicide, des fongicides, des hydrocarbures, des parfums irritants, des substances cancérogènes, des perturbateurs endocriniens avérés....la liste est bien trop longue. Les muqueuses sont des membranes plus fines que la peau et plus alimentées en vaisseaux sanguin . Elles sont donc perméables et laissent entrer dans le corps les composés chimiques beaucoup plus facilement que la peau.

Pour rappel : le temps de contact avec le corps des protections hygiéniques est de 5 à 7 ans dans la vie.
Même si leur seuil des produits chimiques et toxiques retrouvés dans les protections hygiéniques jetables reste en dessous des seuils de recommandations à ne pas dépasser, leur effet n'a pas été étudié lorsqu'ils sont mélangés (effet cocktail) ni quand ils sont en contact prolongé avec les muqueuses. Hors le temps d'exposition, ainsi que les interactions entre les substances ont un réel impact sur la santé.

  • Les risques infectieux :

À court terme : allergie de contact, irritations, et risque infectieux.

Le nombre d'allergie de contact est en hausse, les irritations et micro plaies sont une porte d'entrée pour les infections.
Un risque mortel pour le syndrome du choc toxique, dû à la multiplication de bactéries pathogènes lors de l’utilisation d'une protection interne. Les personnes concernées par la précarité menstruelles sont les plus touchées, car le risque est multiplié quand on ne se change pas assez souvent. Mais même garder un tampon toute une nuit est risqué, il faut en changer toutes les 4h !

À long terme : maladie urinaires et gynécologiques dues à la prolifération de bactéries favorisées par les produits toxiques et par la macération, car le plastique n'est pas respirant. Accroissement des risques de cancers et désordres métaboliques graves dus au perturbateurs endocriniens. Voir l'article "perturbateurs endocriniens et risques de cancer" mis à jour le 23/11/2020, sur le site cancer et environnement qui relate très bien l'effet des perturbateurs endocriniens et les risques associés.

Toutes ces substances toxiques pour nous le sont aussi pour l’environnement.

IV. Conséquences écologiques

Tous les polluants utilisés pour la fabrication des protections intimes se retrouvent dans la nature. Une fois utilisés, aucun recyclage du plastique utilisé dans ces produits n'est possible.

Un article du National Geographic, en date du 12/09/2019 relate bien la problématique : "Comment les protections hygiéniques sont devenues si polluantes" « Un mélange de technologie et de pression sociale nous a poussés vers des produits sanitaires constellés de plastique. Existe-t-il une meilleure solution ? » « [...]Les protections hygiéniques les plus courantes représentent une véritable merveille de plastique. Les tampons sont emballés dans du plastique, encapsulé dans des applicateurs en plastique, avec des ficelles en plastique pendant à leur extrémité, et la plupart d'entre eux incluent même une fine pellicule de plastique dans la partie absorbante. Les serviettes contiennent généralement encore plus de plastique, de la base étanche aux produits synthétiques qui absorbent le fluide jusque dans l’emballage. »[...] « des produits centrés sur le plastique, qui perdureront pendant au moins 500 ans après la fin de leur courte utilité. »

Entre 12480 et 20800 protections intimes à usage unique sont jetées sans compter les applicateurs et les emballages, au cours de la vie d'une personne réglée. Le problème du plastique et son impact sur l'environnement n'est plus à démontrer. Il faut, à ce stade, agir !

V. Conclusion

Pour respecter notre santé et lutter contre la pollution, l'appauvrissement, et la précarité menstruelle, il est primordial d'utiliser des produits sains, sans danger sur la santé et de réduire leur impact écologique, tout en maîtrisant leur coût financier.

Des solutions existent :
Utiliser des protections jetables biologiques, biodégradables et compostables. Oui, ça existe! Par exemple la marque Periodes.
Utiliser des protections réutilisables, comme la coupe menstruelle (cup) en silicone médical et les protections hygiéniques lavables.

  • Le cycle de vie des protections lavables est très long, si elles sont correctement entretenues elles durent plusieurs années (plus de 5 ans pour les tissus, et 300 lavages pour la membrane)
  • Quand elles sont produites et détruites, elles polluent moins que le cycle de production et de fin de vie des déchets de protections à usage unique, elles ne finiront pas dans la nature.
  • Les matières utilisées par Change les Règles ® sont BioGots et Oekotex 100 pour les tissus en contact avec le corps, et Oekotex100 pour les absorbants, la membrane PUL est en plus d'être oekotex, faite avec du plastique recyclé.
    Toutes les fournitures sont achetées en France, elles ont été produites en Europe, pour un circuit de transport le plus court possible. Leur label est garant du respect de l'environnement dans leur production.
  • La dépense énergétique de lavage est nulle puisque les cycles s'intègrent aux cycles de lavage que nous faisons déjà pour le linge du quotidien. Voir la fiche Entretien des Protections Hygiéniques Lavables
  • Pas d'emballage plastique.

La suppression du besoin de renouveler l'achat de protections jetables, entraine la réduction des déchets et de l'utilisation abusive des ressources en eau et en terre cultivables pour la production des matières premières des jetables. Produire avec des matières saines entraine la réduction des pesticides et de la pollution.

C'est une façon pour Change les Règles ® d'améliorer le quotidien.

Pour aller plus loin : Change les Règles ®, comme beaucoup de personnes engagées, salue la publication du Rapport d'information sur les menstruations : examen par la délégation aux droits des femmes en date du 13/02/2020 à l'Assemblée Nationale.
Affaire à suivre, et nous ne manquerons pas de vous informer.

Suivez-nous ici et sur les réseaux pour être tenu(e) au courant!

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VI. Sources

« Recommandations :

Sur la base des conclusions précédentes, le CES [Comité d'Experts Spécialisés] émet les recommandations suivantes :

⁃ sur la composition des protections intimes et le risque chimique :

⁃ le CES recommande que la nature des matériaux (coton, viscose,etc.) composant ces produits soit mieux documentée et qu’elle soit affichée sur les emballages afin d’informer les utilisatrices.

⁃ le CES recommande de supprimer l’utilisation de toutes substances parfumantes dans la composition des protections intimes, en priorité celles présentant des effets irritants et sensibilisants cutanés, telles que le Lilial® qui a été quantifié dans une référence de protège-slip.

⁃ les substances suivantes ont été retrouvées (à partir des essais du SCL [Service Commun des Lababoratoires] et de l’INC [Institut National de la Consomation], 2016) dans les protections intimes :

⁃ des pesticides dont l’utilisation est interdite en Europe, tels que le lindane, l’hexachlorobenzène ou le quintozène, ont été quantifiés dans des protections intimes externes (serviettes et protège-slips) ;

⁃ des pesticides autorisés en Europe (glyphosate) ont été quantifiés dans un protège-slip ;

⁃ des HAP [Hydrocarbure Aromatique Polycyclique ] ont été détectés et quantifiés dans des protections externes tandis qu’un seul HAP (chrysène) et des dioxines/furanes l’ont été dans des tampons. »

Traduction :

• Les HAP sont des hydrocarbures

• Le glyphosate est un herbicide total foliaire systémique, c’est-à-dire non sélectif, absorbé par les feuilles et à action généralisée. Exclusivement produit par Monsanto à partir de 1974, il l'est aussi par d'autres firmes depuis que son brevet est passé dans le domaine public.

• Le lindane est un insecticide organochloré commercialisé depuis 1938. Ses noms chimiques sont gamma-hexachlorocyclohexane et benzene hexachloride. Il a été utilisé en agriculture et dans les produits pharmaceutiques pour le traitement de la gale et l’élimination des poux.

• L'hexachlorobenzène a été utilisé comme fongicide avant d'être interdit par la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Il s'agit d'un cancérogène probable pour l'homme dont les effets sont avérés chez les animaux ; il fait partie des cancérogènes du groupe 2B du CIRC.

 • L'hexachlorobenzène continue à être produit pour la réalisation des caoutchoucs synthétiques, comme plastifiant du PVC, et pour la production du pentachlorophénol.

• Le quintozène est utilisé comme pesticide fongicide. Il est très toxique pour les organismes aquatiques. Une bioaccumulation de ce produit chimique peut se produire dans les poissons. Cette substance entre dans l'environnement lors d'une utilisation normale. Il est susceptible de provoquer une atteinte du foie et d'être à l'origine de troubles fonctionnels chez l'homme

Estelle, Novembre 2020